Vertige et Le ciel de la Kolyma – depuis les profondeurs du Goulag

Un moment que je voulais en parler ici. Et puis sont venues la neige, et puis la pluie encore la pluie, encore la neige… Et le froid qui n’en finit pas. Et puis vous l’aurez compris, ça n’est même pas une excuse qui tient la route. Même pas une excuse tout court. D’autant plus que ce livre – dont il est en fait question ici (ça, vous ne l’aviez pas forcément compris… la faute à la blogueuse) m’a évidemment beaucoup remué pendant tout ce temps (j’ai rarement mis autant de temps à lire un livre). Et que de froid il est question certes, de froid, d’enfermement, de violence, de mort, d’absurdité, de non sens.

J’ai mis presque trois mois à le lire. Encore que c’en sont deux. Deux livres magnifiques, denses, durs et en même temps d’une humanité incroyable. C’est l’histoire d’Evguénia Guinzbourg, comdamnée par les grandes purges staliniennes – en 1937 précisément – à dix ans de réclusion à perpétuité en « cellule d’isolement » pour « activité trotskyste contre révolutionnaires ». Peine qui sera en 39 commuée en travaux forcés à la Kolyma. Elle est libérée en 47, et réhabilitée véritablement en 55. Son récit sera diffusé en Occident en 67 grâce au samiszdat.

Au delà de l’intérêt purement historique – ou juste de l’expérience – de ce livre, il y a une véritable voix, et une écriture incroyables. La voix d’une femme -incroyable elle aussi, de ces femmes qui vous marquent – qui refuse de se laisser déshumaniser par un système avilissant et qui lutte à coups d’humanité et de noblesse d’âme débordantes. Poésie, travaux de mémorisation, et retranscription de discussions avec ses codétenues d’une précision incroyable, de centaines de prénoms, noms et destins croisés du Goulag – vers remémorisés dans ses différentes cellules, ou inventés pour graver dans sa mémoire, et conserver une trace, plus tard pour l’écriture. C’est donc un projet littéraire qui se forge dès son enfermement. Servi par une écriture très sobre, poignante et sans jamais sombrer dans la facilité, le jugement ou la rancoeur. Et une voix de femme magnifique, qui crie l’humanité de l’homme et la grandeur dont il est – toujours ? – capable. C’est à lire en prenant son temps. Absolument.

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Comments
One Response to “Vertige et Le ciel de la Kolyma – depuis les profondeurs du Goulag”
  1. Marina Storp dit :

    Danke fr diesen Tippich habe Lust bekommen, das Buch zu lesenen prenant mon tempsMarina Date: Fri, 5 Apr 2013 14:38:25 +0000 To: marinastorp@hotmail.com

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