#Lectures d’été – En tenue d’Eve, Feminin, Pudeur et Judaïsme

En tenue d'Eve. Féminin, pudeur et judaïsmeA l’origine, une fois de plus, j’avais eu envie de lire ce livre grâce à la superbe émission de Frédéric Lenoir Les Racines du Ciel (avant de commencer mes multiples et interminables disgressions je dirais juste rapidement que Frédéric Lenoir fera peut être un jour l’objet d’un post tout entier tant je l’aime d’amour de forte affection radiophonique – Trésor des Collines me corrige… Dieu combien ai-je promis de futurs posts, lecteurs comme vous devez être en manque de ces futurs billets si excitants à venir …).

Ce livre se veut une mise en parallèle de différentes formes d’impudeur – que Delphine Horvilleur amène savamment à se recouper – que sont l’impudeur au sens premier, liée au corps, mais aussi l’impudeur ‘religieuse’ : l’impudeur face aux textes – et en particulier face aux textes sacrés que peuvent être la Bible ou la Torah. L’auteur semble montrer que les discours appelant le plus ardemment à la pudeur des femmes dans leur tenue (la décence vestimentaire pour commencer, mais dans ses extrêmes ensuite : le voile puis la séparation d’avec les hommes) sont bien souvent tenus par les mouvements religieux extrémistes qui veulent n’apporter aux textes sacrés qu’une interprétation unique – qui serait la seule voie valable et celle de l’origine. Or – et c’est toute une partie très intéressante du livre qui justement s’éloigne de ce thème de pudeur / impudeur du départ – l’auteur prend soin de rappeler la tradition d’éxégèse, de relecture, de recherche au sein du judaïsme qui ont permis de remettre sans cesse en question les Ecritures sacrées pour les faire vivre fondamentalement.

J’ai particulièrement aimé ce passage où l’auteur rapporte cet amour du peuple juif pour la couture, le textile. L’hébreu, langue de tailleurs s’intitule cette partie. Ou l’idée que l’interprétation et la relecture, la recherche de sens, la ré-écriture finalement sont au coeur de ce qui fait la culture juive. Culture de la critique, du questionnement et volonté de ne pas laisser mourir les textes. Cette écriture en forme de palimpsestes, Delphine Horvilleur la rapproche du travail de couturier, qui au fond se sert du tissu pour explorer la matière et le sens. Mais qui peut fondamentalement toujours revenir en arrière, retravailler le tissu, et le faire parler autrement.

Il est ainsi dans ce livre nombre d’interprétations intéressantes de récits religieux – comme l’histoire d’Adam et Eve, mais aussi une relecture du déluge de Noé, d’analyse de traditions juives ancestrales ou de récits talmudiques (le Châle et la prostituée).

Au delà d’une véritable voix – avant gardiste (Delphine Horvilleur, 2ème femme rabbin au sein du mouvement juif libéral de France, n’est à ce titre pas reconnue par les autorités institutionnelles, le Consistoire), originale, et d’une voix de femme dans un monde d’hommes, c’est réellement de démarche religieuse qu’il est question. Le livre s’achève d’ailleurs par ce chapitre : Comment pouvez-vous croire en Dieu aujourd’hui.

Une vision incroyablement moderne, tout en prônant un véritable retour aux textes, à leur richesse, leur pluralité, leur besoin d’être sans cesse relus revus et re-cousus… Une femme et un livre profondément inspirants. J’ai adoré !

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